Je raffole de ces bivouacs en forêt, la rusticité d’un lit dans la voiture, d’une glacière pour un modeste casse-croûte à la tombée de la nuit, accompagné de ma chienne pour une éventuelle recherche. Dormir sur place me permet de faire le « coup » du soir et du matin. Je suis en Normandie pour mon troisième séjour depuis le premier juin. Un ami a la gentillesse de m’offrir un bracelet d’été.
Le territoire se compose d’anciennes plaines agricoles à l’abandon qui repartent en régénération naturelle, scindées par des haies champêtres composées de charmes, frênes, érables et prunelliers. Un énorme frêne d’un mètre de diamètre et ses rejets accueillent mon échelle. Je connais les animaux du secteur sans avoir pu encore prélever. Plusieurs chevrettes et leurs faons, un jeune renard qui me surprend à chaque fois et deux brocards identifiés. Il y a « 4 pointes » et « bois couchés ». Ce dernier a curieusement les bois fixés à l’horizontale. Un matin je le vois poursuivi par « 4 pointes », une autre fois en rentrant à la voiture, je le lève couché dans les chardons à 5m.
Je pars à l’affût à 6h30. Je ne revois pas cette belle cigogne noire perchée la veille sur un arbre mort, les jeunes hulottes sont déjà au lit, je gagne mon échelle minutieusement. 7h30 le jeune renard est à mes pieds mais le nez au vent et méfiant comme pas deux, je ne peux pas armer. 8h une cavalcade, une chevrette poursuivie traverse les chardons devant moi et rentre dans la haie. Et c’est « 4 pointes » qui arrive et qui s’arrête plein profil à 5m de moi. L’action est toujours si rapide que l’on a du mal à se souvenir des séquences de tir quand on se la remémore. La flèche le traverse et se fixe au sol. Il part en faisant demi-tour, longe la haie, fait mine de se coucher puis disparait de ma vue. C’est fait, je sais que c’est bon. Je ne bouge pas pendant un quart d’heure puis je vais analyser le fût.
Du sang rouge mais du liquide stomacal sur les vannes me laisse perplexe sur un tir un peu postérieur. Je décide de plier en silence tout mon matériel et de faire une grande boucle pour rentrer. Un bon café au village et je reviens avec ma Praïa.
Mes mains ayant touché la flèche, elle a déjà compris ce que je lui demande.
Nous repartons de l’anschuss, du sang dans une coulée à hauteur de poitrail, je marque au fur et à mesure …….. mais cela va si vite. Il est là, couché au pied d’un petit chêne dans son dernier sommeil.
Que de bonheur pour les deux comparses. 35m de fuite, atteinte poumons sortie rein.
Ayant eu un incident technique avec mon arc, Bruno m’a prêté le sien. Ancien arc de notre ami disparu Jean-Louis R. a qui je dédie ce tir.
Arc Bear 56 lbs, Powerflight Easton et bilame German Jager 125 gr.
Merci à Didier qui m’a fait confiance.
Jean-Louis D.
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